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2 mars 2026
Au Québec, l’accès aux médicaments constitue un pilier essentiel de notre système de santé. En attendant d’avoir un régime public universel, dans la forme actuelle de l’assurance médicaments, toute la population est couverte, que ce soit par le régime public ou un régime privé. Cette structure permet « en principe » de garantir l’universalité, la continuité et la qualité de l’accès aux traitements. Toutefois, un déséquilibre important existe entre les deux systèmes, menaçant directement la capacité de plusieurs à maintenir une couverture d’assurance réellement accessible.
Aujourd’hui, environ 40 % de la population est assurée au public, alors que près de 60 % est couverte par un régime privé. Pour les travailleurs et travailleuses que nous représentons, tous et toutes obligatoirement inscrits au régime de leur employeur ou de leur syndicat, cette couverture fait face à une pression croissante. Les primes augmentent, les protections s’érodent, et les coûts deviennent un fardeau financier majeur.
Cette hausse soutenue des coûts s’explique par trois facteurs principaux : la croissance constante du prix des médicaments, l’augmentation du nombre de personnes en absence prolongée du travail et la hausse significative des honoraires de pharmacie facturés aux personnes assurées au privé. Si les deux premiers éléments découlent de tendances globales, le troisième relève d’un facteur sur lequel le gouvernement peut agir dès maintenant.
Les honoraires de pharmacie facturés aux personnes assurées par un régime privé ne sont soumis à aucun mécanisme d’encadrement. Le résultat est une iniquité flagrante : pour un service identique, les honoraires sont en moyenne deux fois plus élevés que ceux facturés au public.
Cette différence contribue à faire grimper les honoraires pharmaceutiques à environ 30 % du coût total des prestations du volet médicament dans les régimes d’assurance collective.
Les personnes assurées au privé paient en moyenne le double des tarifs de la RAMQ. Ce déséquilibre se fait sentir de manière particulièrement aiguë dans un contexte où les médicaments de spécialité, souvent accompagnés d’honoraires très élevés, occupent une part croissante du marché. Sans intervention, cette situation met sérieusement en péril la pérennité des protections d’assurance dont dépendent des centaines de milliers de personnes.
La nécessité d’agir
C’est pourquoi, dans le cadre du projet de loi 15 sur le système professionnel, nos organisations tiennent à exprimer avec force la nécessité d’agir.
Nous représentons plus de 365 000 travailleurs et travailleuses du secteur public. Ensemble, nous demandons au législateur d’amender le projet de loi pour accorder au gouvernement le pouvoir réglementaire d’encadrer les honoraires de pharmacie facturés aux personnes assurées par des régimes privés.
Une telle mesure ne vise pas à désavantager les professionnels en pharmacie, mais bien à rétablir l’équité et à assurer la viabilité à long terme de l’assurance médicaments.
Sans cet encadrement, les régimes collectifs risquent de se fragiliser, entraînant une hausse des coûts pour les familles, une diminution des protections et, ultimement, un recul de l’accessibilité aux traitements.
Le projet de loi 15 vise à moderniser le système professionnel et à améliorer l’efficacité du système de santé. Il doit également contribuer à préserver l’accès universel aux soins, notamment en garantissant que les protections d’assurance demeurent abordables et adéquates. Encadrer les honoraires de pharmacie dans les régimes privés est une étape logique, nécessaire et urgente.
Nos membres, comme l’ensemble de la population, méritent un système d’assurance juste, cohérent et durable. Le gouvernement possède les outils pour agir. Il est temps de les utiliser.
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